Oxycodone MEDECIN

Indications :

Traitement des douleurs sévères qui ne peuvent être correctement traitées que par des analgésiques opioïdes forts, en particulier dans les douleurs d’origine cancéreuse.

Posologie et mode d’administration :

La relation dose-efficacité-tolérance est très variable d’un patient à l’autre. Il faut donc évaluer régulièrement chez les patients l’efficacité et la tolérance du traitement. Il n’existe pas de dose maximale, tant que les effets indésirables sont contrôlés.
Il existe différente forme d’oxycodone : Oxycodone en gélule, en comprimé à libération prolongée (LP), en solution buvable (utile pour les patients présentant des troubles de la déglutition ou dans une sonde gastrique), en injectable IV ou Sous-cutanée.
Equivalence des doses en fonction de la voie d’administration :

Voie orale                                                        1
Voie sous-cutanée                                         1/2
Voie intraveineuse                                         1/2

L’administration simultanée d’oxycodone par deux voies d’administration différentes est à éviter, car elle expose à un risque de surdosage en raison des différences de cinétiques entre les différentes voies d’administration orale et injectable.

Traitement des douleurs chroniques:

Posologie initiale :

Patient recevant des opioïdes forts pour la première fois :
Par voie orale, utiliser le dosage 5 mg toutes les 4 à 6 heures.
Pour la forme LP on débutera par 10 mg toutes les douze heures. Les comprimés ne doivent pas être couper, croquer, écraser.
Par voies IV et sous-cutanée, la dose initiale est de 0,125 mg/kg/jour (environ 7,5 mg/jour), de préférence en perfusion continue plutôt qu’en injections itératives toutes les quatre à six heures.
Patient antérieurement traité par des opioïdes forts :
La dose initiale est à déterminer en fonction de l’équivalent de la dose quotidienne de morphine prise antérieurement. A titre indicatif et en l’absence d’équivalence clairement établie, le rapport d’équianalgésie est le suivant : 10 mg d’oxycodone par voie orale sont équivalents à 20 mg de morphine orale.
Patient présentant une insuffisance hépatique légère à modérée et/ou une insuffisance rénale, patient âgé, patient amaigri :
L’administration d’oxycodone doit être prudente. Débuter le traitement à la dose la plus faible afin de minimiser l’incidence des effets indésirables. La dose sera ensuite ajustée individuellement en fonction de l’état clinique du patient.

Adaptation de la posologie :

Elle se justifie lorsque les doses antérieurement prescrites se révèlent insuffisantes.
Si la douleur n’est pas contrôlée, il convient d’augmenter les doses de 25 à 50 % :
– soit en réduisant l’intervalle entre les prises (si la douleur est contrôlée au début mais pas en fin d’intervalle) ;
– soit en augmentant la dose à chaque prise (si la douleur n’est contrôlée à aucun moment de l’intervalle entre 2 prises).
Dans ce processus d’ajustement de dose, il n’y a pas de limite supérieure tant que les effets indésirables sont contrôlés.
En cas de passage d’une forme à libération immédiate à une forme à libération prolongée, la posologie quotidienne sera inchangée.
Arrêt du traitement : Il convient de réduire les doses d’oxycodone progressivement afin d’éviter l’apparition d’un syndrome de sevrage.
En cas d’insuffisance d’efficacité, on augmentera les doses par pallier de 30 à 50% jusqu’à obtention du soulagement tout en contrôlant les effets indésirables. On notera qu’il n’y a pas de limite supérieur de posologie tant que les effets indésirables sont contrôlés.

Contre-indications :

– Enfant de moins de 18 ans
– Hypersensibilité à l’Oxycodone ou aux autres constituants.
– Insuffisance respiratoire décompensée (en l’absence de ventilation artificielle). BPCO, Asthme sévère
– Insuffisance hépatocellulaire sévère.
– En aigu : traumatisme crânien et hypertension intracrânienne en l’absence de ventilation contrôlée.
– Iléus paralytique.
– Cœur pulmonaire chronique.
–  Association avec Buprénorphine, nalbuphine et pentazocine (antagonistes ou agonistes-antagonistes rendant les interactions imprévisibles).
– Allaitement, en cas d’instauration ou de poursuite après la naissance d’un traitement au long cours.

Effets indésirables :

Affections du système immunitaire :

– Peu fréquent : hypersensibilité.
– Fréquence indéterminée : réaction anaphylactique.

Troubles du métabolisme et de la nutrition :

– Fréquent : diminution de l’appétit.
– Peu fréquent : déshydratation, soif.

Affections psychiatriques :

– Fréquent : anxiété, état confusionnel, dépression, insomnie, nervosité, troubles de la pensée ; cauchemars, plus spécialement chez le sujet âgé, avec éventuellement hallucinations.
– Peu fréquent : agitation, labilité émotionnelle, euphorie, hallucinations, pharmacodépendance.

Affections du système nerveux :

– Très fréquent : somnolence, sensations vertigineuses, céphalées.
– Fréquent : tremblements ; augmentation de la pression intracrânienne, qu’il convient de traiter dans un premier temps.
– Peu fréquent : amnésie, convulsions, hypertonie, hypoesthésie, contractions musculaires involontaires, troubles du langage, syncope, paresthésies, dysgueusie.

Affections oculaires :

– Peu fréquent : troubles de la vision, myosis.

Affections de l’oreille et du labyrinthe :

– Peu fréquent : vertiges.

Affections cardiaques :

– Peu fréquent : palpitations (dans un contexte de syndrome de sevrage).
– Rare : bradycardie.

Affections vasculaires :

– Peu fréquent : vasodilatation.
– Rare : hypotension, hypotension orthostatique.

Affections respiratoire, thoraciques et médiastinales :

– Fréquent : dyspnée.
– Peu fréquent : dépression respiratoire.

Affections gastro-intestinales :

– Très fréquent : constipation, nausées, vomissements.
– Fréquent : douleur abdominale, diarrhée, sécheresse de la bouche, dyspepsie.
– Peu fréquent : dysphagie, flatulences, éructations, iléus.
– Fréquence indéterminée : caries dentaires.

Affections hépatobiliaires :

– Peu fréquent : augmentation des enzymes hépatiques.
– Fréquence indéterminée : cholestase, colique biliaire.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané :

– Très fréquent : prurit.
– Fréquent : éruption cutanée, hyperhidrose.
– Peu fréquent : sécheresse de la peau.
– Rare : urticaire.

Affection du rein et des voies urinaires :

– Peu fréquent : rétention urinaire.

Affections des organes de reproduction et du sein :

– Peu fréquent : troubles de l’érection, diminution de la libido.
– Fréquence indéterminée : aménorrhée.

Troubles généraux et anomalies au site d’injection :

– Fréquent : asthénie.
– Peu fréquent : frissons, syndrome de sevrage, malaise, œdème, œdème périphérique, tolérance.

Surdosage :

La somnolence constitue un signe d’appel précoce de l’apparition d’une décompensation respiratoire. myosis extrême, hypotension, bradycardie, hypothermie, coma sont également observés.
Conduite  :
Arrêt de l’oxycodone en cours.
– Stimulation-ventilation assistée, avant réanimation cardiorespiratoire en service spécialisé.
– Traitement spécifique par la naloxone : mise en place d’une voie d’abord avec surveillance pendant le temps nécessaire à la disparition des symptômes.

Fertilité, grossesse, allaitement :

Grossesse :

Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effet tératogène de l’oxycodone.
Des posologies élevées, même en traitement bref juste avant ou pendant l’accouchement, sont susceptibles d’entraîner une dépression respiratoire chez le nouveau-né.
Par ailleurs, en fin de grossesse, la prise chronique d’oxycodone par la mère, et cela quelle que soit la dose, peut être à l’origine d’un syndrome de sevrage chez le nouveau-né. Dans ces conditions d’utilisation, une surveillance néonatale sera envisagée.
En conséquence la prise d’oxycodone n’est pas conseillée au cours de la grossesse.

Allaitement :

L’oxycodone peut être excrétée dans le lait maternel et engendrer une dépression respiratoire du nouveau-né. En conséquence, l’oxycodone est contre-indiquée au cours de l’allaitement.

Mises en garde et précautions d’emploi :

Mises en garde :

Dans le contexte du traitement de la douleur, l’augmentation des doses, même si celles-ci sont élevées, ne relève pas le plus souvent d’un processus de dépendance. Une demande pressante et réitérée nécessite de réévaluer fréquemment l’état du patient. Elle témoigne le plus souvent d’un authentique besoin en analgésique, à ne pas confondre avec un comportement addictif.
En cas d’utilisation prolongée et répétée, le patient peut développer une tolérance au médicament et avoir besoin d’augmenter progressivement les doses pour maintenir l’analgésie.
L’oxycodone, comme les autres opioïdes, doit être utilisée avec précaution chez les patients présentant des antécédents de toxicomanie ou d’alcoolisme. Cependant, ces antécédents ne contre-indiquent pas la prescription d’oxycodone si celle-ci apparaît indispensable au traitement de la douleur, mais une surveillance particulière du traitement est recommandée.
L’oxycodone est un stupéfiant qui présente un risque d’abus équivalent aux autres opioïdes forts. L’oxycodone peut donner lieu à une utilisation détournée (mésusage) et à un usage abusif par des personnes présentant un risque latent ou manifeste de troubles addictifs. Une accoutumance et une dépendance physique et psychique peuvent apparaître après l’administration d’analgésiques opioïdes dont l’oxycodone.
L’utilisation prolongée de ce médicament peut entraîner une dépendance physique et un syndrome de sevrage peut apparaître lors d’un arrêt brutal du traitement. Le syndrome de sevrage est caractérisé par les symptômes suivants : anxiété, irritabilité, frissons, mydriase, bouffées de chaleur, sudation, larmoiement, rhinorrhée, nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhées, arthralgies.
L’apparition de ce syndrome de sevrage sera évitée par une diminution progressive des doses.
L’oxycodone n’est pas adaptée au traitement des pharmacodépendances majeures aux opiacés.
Les comprimés à libération prolongée doivent être avalés entiers sans être cassés, mâchés ou écrasés. L’administration de comprimés à libération prolongée d’oxycodone écrasés ou cassés ou mâchés conduit à une libération rapide et à une absorption d’une quantité d’oxycodone potentiellement fatale (cf Surdosage).
L’usage détourné de formes orales par injection parentérale peut entraîner des effets indésirables graves pouvant être fatals.
La prise concomitante d’alcool et d’Oxycodone doit être évitée car elle peut entrainer une augmentation des effets indésirables d’Oxycodone.
La forme LP de ce médicament contient du lactose. Son utilisation est déconseillée chez les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp, ou un syndrome de malabsorption du glucose ou du galactose (maladies héréditaires rares).
Ce médicament est généralement déconseillé pendant la grossesse.

Précautions d’emploi :

Le risque principal en cas de surdosage est une dépression respiratoire.

L’oxycodone doit être utilisée avec précaution dans les cas suivants :

Hypovolémie : en cas d’hypovolémie, l’oxycodone peut induire un collapsus. L’hypovolémie sera donc corrigée avant l’administration d’oxycodone.
Insuffisance rénale : l’élimination rénale de l’oxycodone, sous la forme d’un métabolite actif, impose de débuter le traitement à posologie réduite, en adaptant par la suite, comme chez tout patient, les doses ou la fréquence d’administration à l’état clinique.
– Lorsque l’étiologie de la douleur est traitée simultanément : il convient alors d’adapter les doses d’oxycodone aux résultats du traitement appliqué.
– Chez l’insuffisant respiratoire : La fréquence respiratoire sera surveillée attentivement. La somnolence constitue un signe d’appel d’une décompensation. Il importe de diminuer les doses d’oxycodone lorsque d’autres traitements antalgiques d’action centrale sont prescrits simultanément, car cela favorise l’apparition brutale d’une insuffisance respiratoire.
– Chez les personnes âgées ou fragilisées : Leur sensibilité particulière aux effets antalgiques des opioïdes forts, mais aussi à leurs effets indésirables centraux (confusion) ou d’ordre digestif, associée à une baisse physiologique de la fonction rénale, doit inciter à la prudence, en instaurant notamment le traitement à la dose la plus faible, et en augmentant très progressivement la posologie.
– Les coprescriptions, lorsqu’elles comportent des antidépresseurs tricycliques notamment, augmentent a fortiori la survenue d’effets indésirables comme la confusion ou la constipation.
– Une pathologie urétroprostatique, fréquente dans cette population, expose au risque de rétention urinaire.
L’usage de l’oxycodone ne doit pas pour autant être restreint chez la personne âgée dès lors qu’il s’accompagne de ces précautions.
Constipation : il est impératif de rechercher et de prendre en charge une constipation ou un syndrome occlusif avant et pendant le traitement.
Traumatisme crânien : en raison du risque d’augmentation de la pression intracrânienne, l’utilisation d’oxycodone au cours des douleurs chroniques devra être prudente.
– Troubles mictionnels : il existe un risque de dysurie ou de rétention d’urine, principalement en cas d’adénome prostatique ou de sténose urétrale.
– Chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère à modérée, une pancréatite, un myxœdème, une hypothyroïdie, une maladie d’Addison, une hypotension, une psychose toxique, un delirium tremens, un alcoolisme : l’administration d’oxycodone doit être prudente et accompagnée d’une surveillance clinique.
Hyperalgésie : une hyperalgésie ne répondant pas à une augmentation supplémentaire de la dose d’oxycodone peut exceptionnellement apparaître, en particulier à hautes doses.
– Sportifs : l’attention des sportifs doit être attirée sur le fait que cette spécialité contient du chlorhydrate d’oxycodone et que ce principe actif est inscrit sur la liste des substances dopantes.
Comme pour tous les opioïdes, connus pour altérer la motricité intestinale, Oxycodone doit être utilisé avec précaution à la suite d’une chirurgie abdominale et après confirmation médicale de la reprise du transit.

Ce médicament devrait être utilisé avec précaution en situations préopératoires et dans les 12-24 heures en postopératoires.

Post operative chronic pain